Levantiko
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Ellerin ne güzeldi

(Τη θυμάμαι;)

Ellerin ne güzeldi,
Kalbim acıyor derin.
Gülüşün aydınlattı,
Her gülüş seni hatırlatır. 

Sesin ne huzur verirdi,
Her kelime yankılanır.
Adın bir şarkıydı,
Her hece kalbime batıyor. 

Aşkımız bir denizdi,
Her dalga beni sürüklüyor.
Aşkımız bir yıldızdı,
Her anı beni parçalıyor. 

Τη θυμάμαι, μα Εκείνη… 
εύκολα με ξέχασε. 
Πέρασε σαν ανεμπορα,
που βρέξε και ξέσπασε
Tes mains étaient si belles,
Mon cœur souffre profondément.
Ton sourire a illuminé,

Chaque sourire me ramène à toi.
Quelle paix ta voix apportait,
Chaque mot résonnait.
Ton nom était une chanson,
Dont chaque syllabe m’a transpercé le cœur.

Notre amour était une mer,
Chaque vague m’emporte.
Notre amour était une étoile,
Chaque instant me déchire. 

Je m’en souviens, mais Elle…
Elle m’a facilement oublié.
Elle est passée comme l’éclat d’un éclair,
comme une averse de pluie. 

Cette reprise part d’abord une autre rareté trouvée dans quelques rayons de vieux disques laïko et enregistré sans certitude au  milieu  des années 70. La version trouvée planait littéralement avec ses couches psychédéliques où le thème est alternativement joué au qânûn et au bouzouki. La voix crooner du chanteur en rajoutait à l’éclectisme général.

Pour Levantiko l’idée de reprendre cette chanson, très à particulière offrait un champ d’expérimentation et de création fort intéressant. On s’est dit : banco, no limits ! 

Première idée, ne retenir des paroles originales que le grec du refrain et réécrire les couplets en turc : ça c’est un peu notre marotte, faire des aller-retour entre deux rives linguistiques histoire de faire germer les graines d’un terreau musical commun. On s’est donc lancé dans l’écriture des couplets en turc (avec quelques aides extérieures) dans l’idée de coller aux thème et styles un peu fleur bleue des chansons laïko (la variété turque n’est pas en reste).Au final, que ce soit en grec ou en turc, on en revient toujours à une histoire d’amour perdu et son souvenir douloureux, leitmotiv de tout ce répertoire variétés. 

Deuxième délire : puisqu’il s’agit d’amours charnelles, autant les doubler d’une couche spirituelle avec un taksim introductif très planant (improvisation vocale ou instrumentale typique de la musique orientale) d’abord au sylphyo mélopant avec des accents presque celtiques puis au chant comme un appel à la prière. Le plongeon dans la réalité des corps est d’autant plus vertigineux quand la machine rythmique chaloupée et le bouzouki très affirmé viennent interrompre brusquement la contemplation mystique de l’introduction.  

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