Péde hrónia dhíkasménos
(Πέντε χρόνια δικασμένος)
| Πέντε χρόνια δικασμένος μέσα στο γεντί κουλέ Από το πολύ σεκλέτι το ριξα στον αργιλέ Φύσα ρούφα τράβα τονε πάτα τονε κι άναφτονε Φύλα τσίλιες για τους βλάχους κείνους τους δεσμοφυλάκους Κι άλλα πέντε ξεχασμένος από σένανε καλέ Για παρηγοριά οι μάγκες μου πατούσαναργιλέ Φύσα ρούφα τράβα τονε πάτα τονε κι άναφτονε Φύλα τσίλιες για τους βλάχους κείνους τους δεσμοφυλάκους Τώρα που χω ξεμπουκάρει μέσα απ’το γεντι κουλέ Γέμωσε τον αργιλέ μας να φουμάρουμε καλέ Φύσα ρούφα τράβα τονε πάτα τονε κι άναφτονε Φύλα τσίλιες για τ’ αλάνικι έρχονται δυο πολιτσμάνοι | Condamné à cinq ans à Yédi Kulé, Le trop plein de peine, Je l’ai dilué dans le narguilé. Souffle, sirote, aspire et recrache ! Surveille ces crétins, ces crétins de matons ! Et ces cinq années à oublier mon vieux ! Pour consolation, les potos m’ont filé le narguilé. Souffle, sirote, aspire et recrache ! Surveille ces crétins, ces crétins de matons ! Maintenant que j’ai débarqué de Yédi Kulé, Charge bien le narguilé, que nous fumions mon vieux ! Souffle, sirote, aspire et recrache ! Fais le guets pour les potos, y’a deux flics qui se pointent. |
Le rébétiko traditionnel est une des principales sources d’inspiration de notre groupe. Nous voulions donc puiser dans la multitude des chansons de ce « blues grec » qui pour la plupart furent créées entre les années 1920 et 1930 surtout à Athènes.
Pede hronia diskamenos est en l’occurrence une cas typique de ce répertoire. Sur le plan musical, il appartient au genre rythmique Zeïbekiko avec un nombre de temps impair (9 temps) : cette rythmique si particulière, invitant à une danse extatique (la danse de l’aigle) est profondément enracinée dans la mémoire culturelle et l’identité grecques.
Quant à la thématique, rien de plus caractéristique du rébétiko que cette histoire de fumeurs de narguilé dans une prison, où l’on donne un mode d’emploi pour bien fumer. La prison en question est Yédi Koulé, ancienne citadelle ottomane, où autrefois on enfermait tout ce que la société grecque comptait de marginaux, de toxicomanes et de délinquants fort nombreux à l’époque du rébétiko tant la misère était présente notamment à Athènes. C’est cette misère là que l’on chante.
Reprendre ce standard était un défi pour LEVANTIKO tant existent de versions et d’interprétations mais qui jusqu’à aujourd’hui ne ce sont pas vraiment écartées de l’original : Instrumentation réduite (bouzouki, guitare, baglama), tempo lent et lascif, chant plaintif et éraillé. Réussir la métamorphose electro pop a été une affaire très excitante.
Nous avons tenté le tout pour le tout et propulser ces 9 temps ancestraux sur la planète techno à la prodigy avec pour défi celui de faire rentrer le tempo impair dans un beat electro binaire et accéléré avec pour idée que les danseurs n’y voient que du feu. Défi relevé : le rendu dark house (bouzouki et flûte ultra saturés, vocodeur) on le doit au fantastique travail de production qui a transformé la plainte en colère dansante !
